L’histoire du village de Montfaucon en Velay

Au cours des siècles…


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Au cours de la guerre de cent ans, Montfaucon fût brûlé par ses ennemis, provoquant la destruction de ses archives. Aussi, Charles V en 1370 lui confirme ses privilèges. Montfaucon est donc ville close depuis le XIII siècle, bénéficiant d’allègements d’impôts importants lui permettant de supporter les charges inhérentes à l’organisation de nombreuses foires et à l’entretien d’une garnison militaire.

Il y avait 13 foires au cours de l’année plus un marché hebdomadaire qui a changé de jour au cours des siècles.

L’existence du baillage et celle de la double seigneurie depuis 1293 sont à l’origine des deux cours de justice , à savoir : le baillage et la cour commune aux deux seigneurs, la première servant d’appel à la seconde. Montfaucon est alors administré par deux consuls élus pour un an. Ceux-ci tous les 4 ans siégeaient aux Etats particuliers du Velay avec les deux consuls du Monastier et ceux du Puy. La ville était au Moyen-âge, une cité riche et puissamment défendue par son enceinte de murailles, ses tours et ses fossés. Son château pouvait contenir une garnison de plus de 500 hommes. Son seigneur y avait sa résidence, ainsi que les officiers du roi . La justice y était publiquement rendue et sa grosse tour servait de prison.

La ville au XVI siècle, est une enceinte rectangulaire avec , au nord , des fossés profonds ( les grands fossés), au sud le château et la tour Briande la défendent.A l’est et à l’ouest, des portes bastionnées protègent les entrées de la ville . L’enceinte comprend le château, l’église, la cure, le cimetière et des habitations occupées par une vingtaine de familles nobles. Le croteil appelé faubourg haut, ainsi que le quartier Notre Dame, appelé Faubourg bas, se trouvent en dehors de la ville. L’hospice est située dans ce quartier ainsi qu’une petite chapelle qui lui appartient. Cet établissement accueille les voyageurs lorsque les portes sont fermées et fait aussi fonction d’hôpital.

545px-Blason_dpt_fr_Haute-Loire.svg_1_Le 23 Mars 1434, Charles VII , roi de France, séjourne à Montfaucon et lui confirme les privilèges octroyés par ses prédécesseurs. En 1445, Montfaucon participe à la délégation de la province du Velay aux Etats Généraux du Languedoc qui se réunissent le 20 Août à Montpellier. Montfaucon connaît son apogée au milieu du XV siècle. Dès 1465, la surface du baillage est réduite par Louis XI. Exceptionnellement, les Etats du Velay se réunissent en 1595 à Montfaucon.

En 1627, une bande de 5 à 600 protestants, sous la conduite de M. de Rohan, se dirige sur Montfaucon pour l’assiéger. Précédés par un épais brouillard, ils furent trompés, dit la légende, par une vieille femme qui gardait ses moutons. Le chef de la bande lui demande si Montfaucon était encore loin. La bergère en parlant d’un terrain appelé : la Saône leur laissa croire qu’il s’agissait du fleuve. Décontenancé, le chef arrêta sa troupe pour savoir quelle décision prendre.

Pendant ce temps, notre brave femme alla prévenir la population de Montfaucon qui ferma les portes de la ville. Les hommes s’armèrent et attendirent les assiégeants. Lorsqu’ils se présentèrent sous les remparts, ils furent vigoureusement repoussés et durent faire demi-tour sous un violent orage qui avait éclaté.

En automne 1640 JeanFrancois Régis, apôtre du Velay ouvre une mission à Montfaucon, mais la peste se déclare, les autorités locales craignent pour la vie de l’apôtre et l’obligent alors à quitter les lieux devant les nombreux décès qui entraînèrent la création d’un cimetière spécialement établi à l’extrémité du faubourg de la ville. Devant l’insistance des autorités, Régis se résigna à quitter la ville. Il prit la route de Montregard.Arrivé à la sortie de Montfaucon, il s’arrêta et bénit la ville. En se séparant de ses accompagnateurs, Régis les bénit et leur dit de se rassurer, qu’à partir de ce moment le fléau diminuerait, ce qui se produisit rapidement.

En 1696, Montfaucon perd son baillage. Le département de la Haute-Loire est créé le 15 Janvier 1790. Montfaucon devient alors chef-lieu de canton avec justice de paix, en rappel de son ancienne vocation judiciaire.

La chute des fortifications Prise de Montfaucon le 4 septembre 1585

…. » En général, les populations des campagnes employaient toutes leurs ressources, toute leur énergie à chasser l’ennemi de chez elles, à s’isoler de l’action plutôt qu’à y prendre part. Mais, comme cette politique d’inertie tentait à briser les mailles du vaste réseau, la ruse des partis appliquait tous ses efforts à réveiller par l’inquiétude, à irriter par les menaces les localités qui se retiraient de la lutte. Ce qui frappe et qui donne à ce moment de l’histoire un caractère particulier, c’est l’éternel cri d’alarme, ce sont les paniques continuelles qui arrivent tantôt du camp royal , tantôt de la faction des Guise, quelquefois même du fond du Languedoc : « l’ennemi est à vos portes, prenez garde ! Vous avez dans vos murs des citoyens qui vous trahissent et qui, si vous ne veillez, vous livreront aux Huguenots, etc…. » Toutefois, cet appel à la vigilance fut souvent utile dans les pays isolés que des troupes nomades pouvaient surprendre et ravager à l’improviste. Déjà le Velay, au moment où il s’y attendait le moins, avait subi les incursions des religionnaires sur plusieurs points à la fois. Ces incursions, aussi violentes que soudaines, répandaient partout l’épouvante et laissaient pour longtemps la désolation derrière elle. Montfaucon, par exemple, en éprouva cruellement les rigueurs. Il paya, avec le sang de ses meilleurs citoyens et par la ruine de ses vieux remparts, l’honneur d’avoir vaillamment combattu pour la défense de ses foyers et de ses autels.

Blason_MontfauconMontfaucon, une des huit villes du Velay, située à peu prés au centre de la province, était l’un des deux sièges de l’ancien baillage royale. Il envoyait tous les quatre ans deux députés à l’assemblée diocésaine des états particuliers. Comme le Puy, Craponne et d’autres villes, il vivait sous la dominité d’un seigneur en paréage avec le roi. A cause même de son importance, il avait originairement donné, à celui qui le gouvernait, le droit de siéger aux états- généraux du Languedoc. Ses murs d’enceinte, sont château, ses tours, ses fossés dont il était fier, en firent, après le Puy, la place la plus forte de la contrée. Montfaucon était une cité consulaire, c’est-à-dire administrée par un conseil de citoyen élus en assemblée générale. En 1445, ses consuls avaient été appelés à prendre part aux délibérations des députés des états généraux, circonstances qui supposent qu’à cette époque il était déjà classé au nombre des villes importantes du Languedoc. En 1585, les Religionnaires, commandés par un Gévaudanais nommé Gentil, s’empare de Montfaucon. Il fallu sans doute que les habitants se fussent alors bien énergiquement défendu, puisque, aussitôt maître de la ville, les vainqueurs, ivres de rage, firent impitoyablement démolir le château, et passèrent au fil de l’épée les chefs courageux qui avaient excité leurs concitoyens à une héroïque résistance. Tristes vicissitudes des événements de cette époque ! Montfaucon, vieille cité Catholique, tombe brutalement en 1585 au pouvoir des Calvinistes et se voit obligé de subir toutes les violences de leur domination. Cinq ans après, St Vidal frappe à ses portes et les fait ouvrir à ses rudes Ligueurs, qui commencent à y établir à leur tout leur despotique gouvernement. En 1591, la ville rentre sous l’obéissance du roi pour en être arraché quelques mois ensuite par l’intimation du Duc de Nemours, et viens enfin au mois de mars 1594, se ranger avec docilité sous la banière victorieuse de Henri de Navarre ! Le vieux château baronniale de Dunières-Joyeuse, si connu autrefois dans la contrée par la puissance de ses fortifications, par sa double enceinte crènelée et par sa tour grandiose que la furie des temps et des hommes n’a pu détruire, le château de Montregard, celui de Beaudiné, celui de Valzelhes, presque tous ceux de la province eurent des destinés semblables, et, dans le même temps, passèrent tout à tour des Religionnaires aux Ligueurs, et des Ligueurs aux Royalistes…